Pourquoi le transmedia révolutionne la musique

Le transmedia c’est quoi ?

En lisant ce titre vous avez surement du vous dire « Transmedia » ? C’est quoi ça ? Je vous comprends, c’est pour ça que je suis là pour vous expliquer.

Avant de commencer à réellement parler de ce que la technique du transmédia peut apporter au domaine musical, il est bon de rappeler ses origines et son principe.

On doit ce terme assez barbare à Henry Jenkins qui au retour d’une conférence chez Electronic arts a décidé de nommer ses essais «Storytelling transmedia». Selon lui une histoire connait un second souffle à partir du moment ou elle est racontée et développée sur différents supports médiatiques, que cela soit sur un smartphone, une tablette ou encore sur le web. Jenkins distingue bien le «transmédia» du «cross-média» qui se contente quant à lui juste de reprendre une licence donnée et de la multiplier sur différents supports. Voir par exemple batman qui est présent aussi bien sur console de jeux qu’au cinéma.

Ce qu’il faut retenir ici c’est que le principe du transmédia est un moyen idéal pour faire converger une seule et même histoire à l’aide de médias, et cela peut être d’une très grande aide dans le lancement de produits musicaux, nous verrons cela plus tard.

On distingue deux types de formule transmédia à savoir l’ARG (alternative réality game) et le storytelling. Ce qui est bien c’est que ces deux procédés peuvent très bien être utilisés dans le domaine musical. Le dernier ARG en date a été lancé par orange sous le nom de Alt-mind, et a connu un succés très mitigé.

Ce que cela peut vous apporter :

Qui d’entre vous n’est pas allé a un concert, sans avoir été surpris par le nombre de personnes prenant en video le moindre détails de celui-ci en oubliant de vivre pleinement l’instant présent ? C’est bien je ne suis pas le seul. Mais si on regarde bien attentivement, on peut aussi dire que ce phénomène social joue un rôle dans les médias musicaux, car le spectateur est actif et c’est lui qui traite ses propres informations; c’est lui qui est aux commandes. C’est ici l’une des forces du transmédia mais cela n’est pas tout.

En effet rappelons-le, cette technique d’écriture sur différents supports médiatiques, peut aussi permettre de vendre des albums et des places de concert de manières beaucoup plus ludique et intéressante pour les fans. L’artiste peut être vu comme le gourou qui fédère sa communauté de fans en lui donnant des missions précises, telles que se rendre sur tel lieu afin de récupérer quelque chose.

Pour reprendre l’exemple le plus connu à ce jour, Le rappeur américain Jay-z s’était servi du transmedia pour créer l’engouement autour de sa biographie « Decode ». Le processus était simple, son équipe a disséminé partout aux USA des pages du livre en question, et les internautes devaient retrouver les pages pour les remettre en l’ordre. Avec l’accord du moteur de recherche Bing, le rappeur new-yorkais a littéralement explosé le nombre de recherche et a crée un véritable buzz.

jay-z-decoded transmedia

Page de la biographie du livre du rappeur au fond d’une piscine

Autres exemples:

Si l’artiste souhaite multiplier ses ventes via le transmédia, il se doit d’avoir un univers scénaristique très ficelé et immersif afin d’engager tout un chacun dans celui-ci. L’idée de l’album concept est ici très bien justifié, rappelez-vous la belle époque de pink floyd et leur album The Piper at  The Gates Of Dawn  ou encore Prince et son album Lovesexy. Pourquoi faire un concept album ? et bien parce-que cela force un chanteur, ou un groupe d’unifier leurs chansons autour d’un même thème; d’une même oeuvre. Si la narration est bonne et accrocheuse alors les fans voudront prolonger l’expérience par eux mêmes.

Cela n’est pas tout puisque le transmédia peut aussi booster le lancement d’un seul morceaux. Les américains ont très vite compris cela et fêtent souvent la sortie d’un ep de façon humoristique et décalée. C’est le cas notamment avec le rappeur Juicy-j, qui a crée un univers propre a son ep et encourage ses fans à le rejoindre dans l’univers qu’il défend. Cliquez ici

L’un des groupes qui a le plus fédéré sa communauté de fan reste sans doute Nine Inch Nails pour la sortie de leur album « year zero phénomènes ». Les américains ont réussi à disséminer plusieurs indices concernant leur futur album, que ce soit aussi bien d’un point graphique que sonore. Par exemple le groupe a laissé une clef usb contenant un mp3 de haute qualité dans les toilettes de leur concert, et les personnes qui l’ont retrouvé, se sont alors empressés  de faire tourner la nouvelle sur le web créant ainsi le buzz. Il faut aussi savoir qu’une autre clef usb a été trouvée de manière similaire dans une salle de concert en Espagne. Le génie de la promotion transmedia ne s’arrête pas là, car si on analysait certains fichiers audio du groupe au spectrogramme (chanson Me, I’m Not), on pouvait très bien entendre un numéro de téléphone (1-216-333-1810). En appelant celui-ci les fans tombaient sur ce site http://www.uswiretap.com/. Pour avoir un extrait du morceau « Survalism » quant à lui il fallait téléphoner au numero (1-310-295-1040) figurant sur les tee shirt de la tournée du groupe. On peut dire que Nine inch nails a véritablement su créé un ARG où les fans sont amenés à participer pour débloquer du contenu exclusif.

Juicy j

Le strip club de Juicy j

Mettez en place votre campagne transmedia:

Le transmedia touche pour la plupart du temps une cible assez jeune, car effet c’est elle qui fait jouer la multiplicité des medias. Je m’explique de nos jours quand quelqu’un regarde admettons une série télé, celui-ci prolonge l’expérience sur les réseaux sociaux et partage ce qu’il ressent auprès des gens qu’il apprécie. Cela forme une sorte de cercle, et vous devez respecter cela.

Identifier ses fans via les réseaux sociaux:

Tout d’abord il faut être bien clair, les fans c’est ce qui participe au trois quart de la force d’une campagne transmedia autrement dit pas de fan = pas de réussite  Par fan  j’entends personne qui connait vos artistes et qui les apprécient, pas des groupies de Justin bibier ou des One direction. Pour les trouver ce n’est pas ce qui est le plus difficile, mais cela demande surtout du temps pour les fidéliser. Vous devez vous servir de Facebook comme une force, à condition que vous vous y exprimé bien sur ce réseau social. Le but n’est pas faire de la promo non stop, mais plutôt d’instaurer un rapport intimiste entre vos artistes et leurs fans. La confiance est réellement le maitre mot et rien ne doit perturber cet équilibre. Pour accentuer ce processus, l’idéal serait de répondre de temps en temps à différents commentaires, pour donner aux personnes le sentiment d’être écoutés. Twitter pourrait aussi très bien marcher mais le problème, c’est que malgré le nombre croissant d’inscrit par jour, le petit oiseau bleu ne fédère pas assez les jeunes artistes à moins d’être d’emblée un poids lourd.

Nouveau comportement face aux médias:

Depuis l’avénement des produits d’Apple tels que l’iphone, l’ipad etc … , les moyens de consommer les médias ont littéralement changés. C’est d’ailleurs ce que dit Jenkins dans son livre « convergence culture ».Pour l’auteur ce ne sont pas les supports médiatiques qui font évoluer les contenus de ceux-ci, mais plutôt le rapport qu’ont les individus entre eux, et leur manière de partager l’information. Pour élargir, le rapport aux médias sont personnels et difficilement identifiables. Il très fréquents de nos jours que les personnes surfent le net tout en écoutant la télé, en répondant à des mails et en ayant une conversation sur skype. La consommation médiatique varie énormément entre les individus.

Le transmedia permet de lier tout les contenus

Passerelle entre les différents supports

Imaginons que vous souhaitiez créer une expérience immersive et de qualité pour vos artistes. Très bien, tout d’abord il vous faut définir une ambiance générale qui va être le leitmotiv de celle-ci.

Si vous voulez prolonger l’univers propre à un ep ou un album servez-vous de cela comme base, et cela vous évite de partir de zéro. Une passerelle dans le transmedia c’est quoi ? Et bien il s’agit simplement d’intégrer dans les différentes plateformes médiatiques des éléments permettant de les liers entre elle. Je sais pas si vous avez suivi Matrix et sa campagne de lancement à l’époque (qui fut l’une des premières), mais la narration était développée sur plusieurs volets et faisait constamment des liens entre les supports. Par exemple c’est dans la BD que l’on identifie le robot qui tue son maitre, bien avant sa présence dans le film.

Bien au delà de l’idée de faire des liens il faut aussi faire converger le contenu vers un seul et même support. Pour vous rappeler, le terme de convergence signifie: « capacité qu’on les supports techniques pour communiquer entre eux ». Ici le web est un très bon moyen pour vous, car il articule à l’intérieur de lui même plusieurs médias (vidéo, texte, image).

Pour résumer si vous comptez vous lancer dans une campagne transmedia, il vous faudra créer un univers très bien ficelé, à travers lequel les utilisateurs pourront facilement comprendre l’univers des projets musicaux de vos artistes tout en les incitants à consommer. Attention cependant car cela demande beaucoup de temps et une expérience transmédia peut s’avérer très couteuse surtout si vous n’avez pas une force de frappe suffisante. Ce qu’il y a de bien dans ce système de narration sur plusieurs média, c’est la manière de faire de la promotion et la multiplicité des angles d’attaques.

Connaissiez-vous le transmédia et ses bienfaits pour l’industrie musicale ? laissez votre commentaire

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